LA CIRCONCISION



Voilà l'un des sujets les plus délicats traités jusqu'ici. Pourquoi parler de circoncision dans des articles dédiés à la spiritualité? Eh bien, comme nous allons le voir, les violents traumatismes, les atteintes à l'intégrité physiques et psychologiques de notre corps ne sont pas sans incidences sur notre relation avec la spiritualité.

Comme toujours, les chefs religieux de la haute antiquité n'ont pas pu résister à la tentation de jouer aux apprentis sorciers pour ensuite s'immiscer dans le processus d'amélioration de la race humaine, et ce, toujours sous le dicta de Dieu lui-même. La notion d'impureté et de péché rattachée à la sexualité a toujours été telle que bien des moyens ont été entrepris, tant aux dépens de chez les garçons que chez les filles pour diminuer, quand ce n'est pas enlever complètement, le désir sexuel.


La circoncision est une mutilation d'une partie du corps fait, dans la très grande majorité des cas, sans égard au consentement des consciences concernées. Elle est particulièrement dommageable lorsqu'elle est effectuée à un âge précoce.

Les nouveau-nés subissent une commotion dans les moments les plus vulnérables de leur vie. Ce trauma laisse un implant, voire une empreinte indélébile dans leurs corps subtils toute leur vie durant. Bien des personnes adultes ont restitué une telle torture sous hypnose, preuve que toutes les expériences de notre vie sont bel et bien enregistrées dans notre subconscient.

Toute personne qui vit un traumatisme: agression sexuelle, viol, accident, torture, violence, guerre, morts, et les militaires en savent quelque chose, sont affectés par des symptômes appelés posttraumatiques. Croire que les enfants sont exempts de tout cela démontre jusqu'à quel point notre mental peut devenir coupé de toutes formes de sensibilités élémentaires.


Les desseins machiavéliques derrière l'ablation des parties génitales à froid ont été de créer, dès la naissance, des blocages spirituels, mentaux, moraux et sexuels tant chez l'homme que chez la femme.

Sur le plan spirituel, la circoncision crée une dissociation psychique ayant pour effet d'obstruer la sensibilité provenant de la région du Cœur, génératrice d'empathie et de valeurs significatives. Sur le plan mental, on voit nettement une préséance marquée de la pensée dans tout l'univers spirituel. Sur le plan moral, on assiste à un dénigrement des rapports sexuels en quelque chose de repoussant, d'impur, de culpabilisant et d'interdit. Sur le plan affectif, les blocages se traduisent par des difficultés à identifier et à exprimer les émotions.

Par voie de conséquence, il y a tout un pan de la gent masculine qui a développé une relation d'amour-haine, de séduction-répugnance, de plaisir-péché, de joie-chagrin, et cela, quand ce n'est pas de la prédation dans les rapports sexuels. D'autres parts, la circoncision féminine fut considérée comme un acte purificateur de manière à la protéger contre ses pulsions sexuelles. Elle fut également considérée comme un gage de pureté de l'âme en réduisant le plaisir sensuel tout en éliminant la masturbation. À toutes fins pratiques, la circoncision contribua, depuis lors, à assoir le patriarcal par la domination sur les femmes et sur leurs enfants.

Cet affront à l'intégrité physique et psychique découle directement du prophète Abraham, rituel sacré qu'il imposa aux communautés juives et musulmanes comme étant l'expression de la volonté inviolable du Dieu babylonien Marduk. Or, depuis des millénaires, les religieux ont donc propagé une culpabilité à la fois consciente et inconsciente envers tout ce qui touche le «fruit défendu», expression consacrée qualifiant bien toute la problématique de l'approche sexuelle.


L'inconscient collectif est marqué au fer rouge de conditionnements et de prêt-à-penser en ce qui touche la sexualité. Combien de fois n'avons-nous pas entendu des hommes de tout âge traiter les femmes de faciles, de putains, de sales ou de toutes sortes de qualificatifs rabaissant la femme au niveau de déchet suite à une simple relation sexuelle? Dans bien des cas, une simple rumeur suffit à détruire la réputation d'une personne et de sa famille, ce qui explique les crimes d'honneur dans les communautés orientales.

Dans la même veine, d'où vient l'idée, dans certains pays, de ne marier que les femmes vierges? D'où vient cette obsession de la pureté du corps des jeunes filles n'ayant pas été souillée par l'homme? D'où vient l'idée de lapider des femmes accusées d'adultère? À on déjà lapidé un homme pour avoir violé une femme? Et cette litanie pourrait s'allonger indéfiniment. Prenons-nous conscience que, depuis des âges, on a fait porté injustement tout l'odieux, la responsabilité et le poids accablant de toute la question sexuel?


Il est vrai que ce ne sont pas tous les hommes qui portent un véritable stigmate de leur circoncision. La vie est pleine de traumas censés causer des déviances de comportement. Par contre, lorsque dans un pays, il y a une masse critique d'individus souffrant de certains symptômes sur une longue période de temps, ils finissent par définir les règles de vie, la culture, influencer les lois et les codes religieux en leur faveur.

Selon l'Organisation mondiale de la santé en 2009, plus de 30% de la population masculine seraient circoncis. Les religions issues des dieux sumériens la considèrent toujours comme une loi immuable de Dieu. La circoncision n'apparait pas dans les traditions hindoue, bouddhiste et confucéenne. Ces peuples ne sont-ils pas plus pacifiques, plus respectueux de l'intégrité du corps, de la pensée et de l'Esprit?

Seule une élévation du niveau de conscience permettra de défaire les implants psychiques établie depuis des millénaires, responsables de la grande dualité des rapports hommes femmes. Une méditation quotidienne permet justement de se distancer non seulement de nos propensions, mais aussi des égrégores qui nous maintiennent dans toutes sortes d'énergies avilissantes.

Yvon Gagné


La circoncision fut considérée à l'origine comme un sceau,
voire une désignation à la servitude de Dieu.

Circoncision de la chair, circoncision de l'esprit.

Le fait que la méduse ait survécu plus de 650 millions d'années alors qu'elle n'a pas
de cerveau démontre bien que la nature n'a absolument pas besoin
de l'intervention de l'homme pour assurer sa pérennité.


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